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The Twelve labors of Manfield Park


Portefoin, Paris 2018

Faïence émaillée


        Hercule souffre d’une disgrâce majeure. Il est pauvre. Un accès de folie l’amène a tuer sa propre famille. Mais lorsqu’il recouvre ses esprit, la culpabilité l’afflige. L’oracle de Delphes lui offre de se purifier en le dépouillant de tout, même de sa liberté. La reine Omphale de Lydie l’achète alors comme esclave. Hercule sera sa dame de compagnie. Paré de bijoux et d’étoffes délicates il apprendra à manier l’aiguille comme il avait su manier le gourdin. Omphale est exigeante mais Hercule progresse, ainsi que dans son coeur.

        Pourtant l’Histoire fait jaillir ses trésors comme un coffre que l’on renverse. Ses grandes édifications et ses guerres se confondent en une cacophonie de tintements, recouvrant le passé par couches successives. Ovide, Sénèque, Rubens, n’oublierons pas cette romance. Mais il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour apercevoir le retour d’Hercule depuis les grandes cités exhumées d’Hubert Robert. Toute la société s’est défaite de ses lourds apparats pour préférer la digne simplicité des statues. Regardez l’air qu’il prend dans les marbres du Jardin des Tuileries ! Son visage est accablé de mélancolie ! Sa massue n’est plus qu’une béquille pour ce corps trop lourd ! Et pour cause. Comme ses comparses sculpturaux, Hercule est parti pour l’Angleterre de Georges III, à la charnière de l’héritage des grands style et l’émergence des paysages sublimes du romantisme. Il y sera hébergé par charité à la splendide demeure de Sir Thomas Bertram. Hercule y est négligé, voire maltraité. Mais il va effectuer une ascension inattendue. Et cette évolution semble reposer sur ses seuls mérites, sa rigueur, son jugement infaillible, son indépendance d’esprit.


Arthur Gillet
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